Google, la presse, nos élus...

Le beurre et l'argent du beurre

Notre gouvernement vit-il dans son époque ?

Un petit billet à la volée pour partager avec vous les réactions qui me viennent à l'esprit quand j'écoute ou lis les réactions parfois surprenantes de ceux dont la mission est de diriger notre pays.

Je ne suis pas un geek de 16 ans, mais un entrepreneur de 48, et même si je trempe forcément plus dans le web que nombre de représentants de notre gouvernement je suis souvent surpris des recommandations, réflexions, attitudes de nos dirigeants qui semblent méconnaitre le monde qui les entoure.

Google et la presse.

En résumé, les éditeurs de presse Français (et Allemands) aimeraient bien manger une partie du gâteau de Google. Mais ne parlons que des Français.

Aujourd'hui, leur souhait est de faire taxer Google pour que les journaux qui diffusent en ligne puissent recevoir des subsides à chaque fois qu'un internaute clique sur un résultat qui mène à leur site. Un projet de loi a donc été déposé en ce sens.

La réaction de Google ne s'est pas fait attendre. "Si vous ne voulez pas que l'on vous envoie des visiteurs, le plus simple est que nous vous déréférencions de notre moteur". En effet,c'est simple non ?

Et voici que jeudi soir, les instances représentatives de la presse s'écrient  que Google "n'hésite pas à s'ériger en censeur au mépris de sa mission d'intérêt général de référencement".

Tiens, c'est amusant, mes clients qui eux ont des entreprises « normales », pas celles qui reçoivent des subventions en pleurnichant, n'avaient pas pensé à cela, moi non plus, Google a une mission d'intérêt général en référencement !!

Nos élus et Google

Madame la ministre Aurélie Filippetti déclare alors "Je suis un peu surprise par le ton de cette correspondance, qui s'apparente à une menace. Ce n'est pas avec des menaces qu'on traite avec un gouvernement démocratiquement élu".

Alors là je crois rêver. Qu'une corporation qui n'a pas su évoluer et se retrouve complètement larguée par les mouvements du monde qui l'entoure tente des actions  tirées par les cheveux, passe encore. Mais qu'une ministre approuve, je n'en reviens pas. Ce n'est pas bête un ministre quand même, rassurez-moi ?

Plouf plouf, on reprend tout et on recommence.

  • La presse française fait des pieds et des mains pour que son contenu soit repris dans le moteur de recherche Google.
  • Certains le font d'ailleurs en ne respectant pas les CGU de Google et magouillent dans leur netlinking interne en faisant des liens cachés (si si, regardez cette page – Vous ne voyez pas, est-ce plus clair comme ça avec les liens cachés entourés en rouge ?)
  •  Cette presse tire ses revenus en ligne de la publicité qu'elle diffuse sur ses pages web. Sans Google, pas de visites, donc pas de clics sur les pubs, donc pas de revenu.
  •  Mais aujourd'hui, cette même presse se dit que Google gagne aussi de l'argent grâce à ces contenus, et vu que la vente des journaux papier n'est plus ce qu'elle était, elle pousse le gouvernement à aller défendre une cause perdue.

Le coup du beurre et de l'argent du beurre, vous connaissez ?

La suite au prochain épisode

Les pros du référencement auront sans doute bien ri de cette histoire.
Je ne sais pas comment cela se terminera. Rappelons quand même à nos ministres que Google est une entreprise privée commerciale et étrangère. L'état n'arrive déjà pas à faire plier les entreprises françaises lorsqu'elles licencient à tour de bras, alors là qu'imagine-t-il pouvoir faire ? Le précédent en Belgique pour info.

Un petit bonus

Pour voir à quel point nos élus comprennent l'internet, je vous invite à lire cet autre article ou vous apprendrez qu'en 2012, l'état français impose encore la compatibilité avec IE6 pour ses sites...

Et pendant ce temps la, libération perd ses budgets publicitaires en traitant de « con » l'un de ses principaux annonceurs.

En conclusion

Je ne suis pas toujours tendre avec Google, mais pour cette fois, je me dis qu'ils doivent prendre les français pour de sacrés rigolos.

Articles connexes :

http://owni.fr/2012/10/18/google-se-paie-la-presse/

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/09/10/20004-20120910ARTFIG00717-la-presse-veut-faire-payer-les-moteurs-de-recherche.php

http://www.lefigaro.fr/hightech/2012/10/18/01007-20121018ARTFIG00718-google-menace-de-ne-plus-referencer-la-presse-francaise.php

Et un article de 2010 que devraient lire nos patrons de presse http://www.laurentbourrelly.com/blog/804.php

Edit : L'argumentaire de Google. J'aime assez le " C'est aux éditeurs de presse de décider s'ils veulent rendre leur contenu en ligne payant et c'est aux consommateurs de décider s'ils souhaitent payer pour accéder à ce contenu".

Edit 2 : 20 octobre - Finalement, par la voix de Fleur Pellerin, le gouvernement dit à Google et à la presse - débrouillez-vous !

"S'il peut y avoir un accord de gré à gré entre les organisations représentatives des organismes de presse et Google, ce serait évidemment bien mieux que d'aller alimenter des polémiques ou d'entrer dans des combats judiciaires"

Edit 3 : 1er nov - Une médiateur serait nommé pour aider Google et la presse à s'entendre. François hollande menace toujours Google d'une loi si les deux parties n'arrivaient pas à s'entendre.

Edit 4 : 5 novembre 2012 - une bonne analyse très complète.
Edit 26 juin 2013 - Google déréférence la presse allemande.

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55 réflexions au sujet de « Google, la presse, nos élus... »

  1. Oweia

    Oui c'est clair qu'ils se sont tirées une belle balle dans le pied... après, on n'a qu'à réaliser notre baidu à nous si google décide de déréférencer tous les journaux !

    Quant à l'exemple du IE6, je t'assure que même dans de grandes entreprises, dont la mienne, il y'a des inepties de ce genre : a"attention on n'utilise pas de html5 car en Turkmenistan et en Chine ils sont à 50% sur IE7". Quant aux outils internes, ils ne fonctionnent que sur IE8... bref, c'est plus les informaticiens que je blamerai là, il y en a qui s'en mettent plein les fouilles en gardant de vieilles technos, c'est un business !

  2. Nicolaseo

    je n'aurais pas pu faire une meilleur conclusion :(
    en tous cas comme dit sur twitter j'ai vraiment hâte que ça pète :D

  3. Le Juge

    Et je plussois avec toi - Pour le coup les grands organisme de presse jouent vraiment les gagne petit - ne font ils pas assez d'argent comme cela avec la pub présente sur leurs pages - les emails a leurs abonnés etc ...? . Bref Lamentable!

    Quant a la ministre - ma fois je ne me fais plus d'illusion sur l'incompétence de nos élus sur ce genre de problemes - elle réagit a chaud - sans avoir eu de feedback de son equipe - je ne lui en tiens pas trop consequence - si elle insiste dans sa betise ce sera autre chose

  4. JB

    Pauvre France...

    J'aurais bien posté un super commentaire argumenté mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit en lisant ton billet.

  5. KOogar

    Le but de nos dirigeants n'est certainement pas de mettre en application leur projet de loi idiot mais d'écorner l'image de Google en France, en Allemagne, en Europe. Mettre la presse de leur coté fait partie du jeu politique.
    Sur mon caillou (Nouvelle Calédonie), nous vivons très bien sans Google et cette absence de moteur est créatrice d'emplois. (annuairistes, représentants, éditeurs..)

  6. Renaud Joly

    Sur le fait que la presse vive sa révolution avec l'arrivée du web (dont Google n'est qu'un représentant ) il y a là un phénomène inévitable. De nouveaux modèles vont émerger, ce n'est pas sans douleur, mais c'est le sens de l'histoire.
    Néanmoins la position centrale qu'occupe un moteur de recherche comme Google et le controle qu'il peut exercer sur la visibilité de l'information méritent réflexion. N'y a-t-il pas un danger à centraliser ? Quid de la censure ?

  7. Sylvain Auteur de l’article

    @ Renaud
    Tu poses de bonnes questions ! Et je pense que la position dominante de Google est dangereuse ( en France, car ce n'est pas le cas partout).
    Mais le contexte du projet de loi est assez différent quand même. Si google était Français, la presse serait foutue d'en demander la nationalisation :-)

  8. Edo

    Je me suis rendu compte de la petite magouille du Monde il y a deux heures ; mais j'avais pas vu les liens vers le site de conjugaison, c'est assez énorme !

    Sinon si on pouvait commencer à faire payer des impôts à Google ça serait pas mal, et en deux si google devait payer une taxe, elle devrait être reversée aux référenceurs ;)

  9. Marco

    Et la, je me prend à rêver d'un nouveau moteur de recherche concurrent à google, qui le détrônerai sur le marché francais (grâce au soutien du gouvernement francais). Google serait donc menacé mondialement (quel impact de la France) et serait donc forcé d'avoir une approche moins 'totalitaire' pour son développement.

    Après tout si les journaux rêvent tout haut, pourquoi pas moi !

  10. Christian

    Google n'aime pas l'achat de liens, c'est bien connu... alors dans ce sens-là, ça risquait pas de passer !
    Malgré tout, le ton de Google semble tout de même assez cavalier...

  11. Littlebuzz

    Je rejoins Renaud pour le coup. Je pense que la question est franchement mal posée donc forcément, les réponses apportées ne peuvent être appropriées. Ton billet, la réaction des éditeurs de presse et finalement de nos élus me met mal à l'aise ...

    Je préférerai que l'on s'attache à une réflexion sur le problème de la manipulation de l'information, au respect de la vie privée, à la normalisation de la pensée ... due à l'hégémonie d'un moteur de recherche utilisé par 90% de la population qui n'a pas la connaissance suffisante pour savoir qu'elle est manipulée. Aujourd'hui c'est Google, mais se serait Bing ou tartempion, se serait pareil.

    Vouloir répondre à ces problématiques en commençant par des histoires d'argent, de taxes ou ce que tu veux, c'est prendre le problème complètement à l'envers. Il ne pourra y avoir de modèle économique viable que si l'environnement de ce nouveau media est équilibré et stable. Ce n'est pas du tout le cas aujourd'hui et il faudra certainement encore beaucoup de temps et de réflexion pour que ça le soit. En attendant, on bricole, et on accepte de fait d'évoluer dans une hérésie économique en suiveur et non en acteur.

  12. Arnaud

    Salut,
    La position dominante de Google s'est mise en place parce que les utilisateurs sont allé vers eux. Il ne semble pas y avoir été forcé. Ce n'est pas comme Microsoft Windows qui est installé par défaut sur le très grande majorité des PC vendus.
    Google a une place dominante car il donne de bons résultats et toutes les modifs qu'il fait sur son algo qui posent parfois des problèmes aux SEO vont dans le bon sens.

    Et Google est loin d'avoir une position dominante partout dans le monde.

  13. jean

    Précision importante selon moi, tirée du Figaro (voir lien ci-dessus) :
    Le projet de loi allemand porte sur le métier d'agré­gateur des moteurs comme Google Actualité. Nous, nous pensons qu'il faut s'attaquer au marché du «search», qui est le cœur des revenus de Google.

    Le projet allemenand a donc un certain sens à mon avis, contrairement au projet français...

  14. Gj

    100% d'accord avec cet édito... d'un type qu'on ne verra malheureusement pas dans la presse nationale. Et pendant ce temps de l'autre côté de l'Atlantique... Newsweek passe au tout numérique.

  15. Sylvain Auteur de l’article

    @ Littlebuz

    Nous sommes bien d'accord, toi aussi tu abordes les vrais sujets.
    Mais dans le cas des éditeurs de presse, l'affrontement me paraît totalement biaisé.

    Imaginons que Google cède. Demain, c'est la presse du monde entier qui fera la même demande, et puis les éditeurs de sites, comme toi et moi par exemple. Bref, ça ne tient pas debout.
    C'est comme si Decaux devait payer pour afficher les publicités de ses clients dans les abris-bus.

    En gros, combien parmi vous lisent de vrais journaux quotidiens en version papier ? Bien moins qu'il y a 5 ou 10 ans. La roue tourne, les supports numériques remplacent celui cher à Gutemberg.
    En ce sens, la presse quotidienne papier va dans le mur.

    Pour réagir, au lieu de reconstruire un modèle économique viable, la presse française adopte cette attitude bien française, faire payer les riches, en l’occurrence Google. Et le gros riche leur répond "Je peux vivre sans vous". Classique !

    Autant je dénonce la véritable fraude fiscale organisée par Google pour ne pas payer ses impôts en France ( cf http://blog.axe-net.fr/img/Google-systeme-fiscal.jpg ) Autant ce combat de la presse me semble perdu d'avance et surtout à côté de la plaque.

    Bon, on en saura plus ce soir, car les deux parties se rencontrent aujourd'hui.

    Ps : et comme le dit très justement GJ, pendant ce temps là, Newsweek passe au tout numérique : http://www.thedailybeast.com/articles/2012/10/18/a-turn-of-the-page-for-newsweek.html

    @ Jean
    Je ne suis pas certain que notre ministre sache faire la différence :-)

  16. Francois

    Je me demande vraiment s'il vaut mieux rire ou pleurer avec cette histoire.

    La presse a besoin des moteurs de recherche, mais les moteurs de recherche n'ont pas besoin de la presse... c'est vite vu !

    La presse marche sur la tête, je pense qu'ils ne se rendent même pas compte que Google pourrait rendre payant son service Google Actu comme il va le faire avec Google Shopping.

    Les bénéficiaires de ce service gratuit c'est eux !

  17. Jean-Baptiste

    Je crois que je vais me mettre à bosser très sérieusement les sitemaps google actualités, il risque d'y avoir de la visibilité prochainement ;-)

  18. Rodrigue

    Google est un apporteur de trafic, qui a le monopole même si il viens de perdre encore un de ces cadres au profit de Yahoo, n'empêche qu'il fait la pluie et le beau temps, raison de plus pour lui imposer certaines choses pour se mettre les médias dans la poche.

    Concernant nos élus, Coluche à dit:

    "Si voter servait à quelque chose, ça ferait longtemps que se serait interdit"
    No comment ^^

  19. Sam

    Tu montres très bien l'incongruité de la situation, où Google a maintenant une mission de référencement, ça reviendrait au même de dire que TF1 à une mission de publicité pour Peugeot. L'analogie tient parfaitement et là on voit à quel point c'est énorme... comme pantalonnade !

  20. Arnaud

    Petit bémol, Google a besoin des sites d'actualité. Si aucun journal n'était référencé dans Google il est certain que beaucoup de personnes iraient sur un autre moteur pour toutes les recherches concernant l'actualité et le risque c'est qu'il y restent pour les autres recherches.
    Je ne joue pas l'avocat du diable, je trouve que les sites de presse font n'importe quoi sur ce sujet. Mais il ne faut pas sous estimer leur poids dans les négociations.
    Le principal problème c'est la durée du bras de fer, je doute que les sites de presse tiennent plusieurs semaines sans référencement sur Google, mais est ce que Google n'aura pas les mains moites en voyant ses visiteurs passer sur d'autres moteurs.

  21. Arnaud

    Beaucoup oublient que Google est une entreprise privée... Il ferait mieux de concentrer leurs efforts sur le problème de la défiscalisation chez Google, ils auraient autant à y gagner (voir plus...!)

  22. Luc

    +1 c'est une mascarade 2.0 cette histoire et reprend l'idée des agrégateurs de contenus qui, sous prétexte d'apporter du trafic, facturent celui-ci à leur fournisseurs de contenus...

    ça me fait bien rire... surtout si un jour Google décide de fermer les vannes.

  23. jb

    De toute façon la presse a vomi Internet pendant des années. Puis s'y est mis, et a vu qu'on pouvait gagner de l'argent. Pas assez selon elle, donc elle essaye de tirer la couverture.

    Déplorable, surtout quand on sait les montants des aides publiques...

  24. Fabien

    "au mépris de sa mission d’intérêt général de référencement" : le voilà le coeur du problème, nous instance gouvernementale et les parasites de la presse qui vivent sur le dos des (faramineuses) subventions du contribuable ont pris pour acquis la fonction du moteur de recherche, à savoir un service d'utilité publique.

    Ces personnes sont totalement déconnectées de la réalité du web et j'espère intimement que Google mettra sa contre-mesure à exécution. Les organes de presse viendront ensuite pleurer comme des gamins de 5 ans à cause d'une très grosse chute de trafic provenant de leur source la plus rentable.

  25. Christophe

    Expatrié depuis plus de 4 ans et je me rend compte que la France ne changera pas... Enfin cette mentalité à vouloir toujours revendiquer au lieu de créer. La presse doit se remettre en cause (et cela depuis de nombreuses années)... Si pour eux c'est comme ça qu'ils imaginent une remise en cause ben bon courage à eux... Je ne commenterai même pas l'attitude des élus ;)

  26. Vincent

    Excellent billet d'humeur. En effet, oui l'Etat français se tire une balle dans les pieds en s'attaquant ainsi à Google.Je serais t eux, j'aurai déjà dé-référencé le contenu de la presse française. Après je dis ça mais c'est pas une décision facile à prendre non plus.

  27. koogar

    Le but de cette manoeouvre est politique, prendre l'opinion a partie pour faire plier Google sur d'autres dossiers. Aucune loi ne va passer. Ouvrez les yeux, c'est juste de l'esbroufe. Nos dirigeants s'attaquent a l'image de marque de Google. Rien qu'a voir les commentaires sur les grands quotidien fr d'aujourd'hui (dans l'ensemble c'est "mort a Google") cela semble fonctionner et Google ne peut rien y faire.

  28. Tristan

    Pfiou, ça c'est de l'article, avec les riches contre les pauvres, de l'argent, de la manipulation, des embuscades... Digne d'un film fantastique, c'est pourtant bien la réalité, et c'est ce qui prête à sourire (ou pas d'ailleurs).

    Ce qui me choque dans ces informations, c'est de savoir si les éditeurs de presse Français s'attendaient vraiment à ce que GG cède à leur demande ? Sérieusement, je ne me fais pas l'avocat du diable non plus mais quand on sais que la moitié des américains ne savent pas situer la France sur une Map Monde, et que l'autre moitié pensent que l'Europe est un "petit" Pays (j’exagère un peu), malgré le fait que chez Google ce ne sont pas des incompétents, la France ne représente pas un très gros facteur pour eux, ils ne la craignent pas.

    Cela dit ce n'est pas une généralité ni une critique, n'importe qui, sauf peut-être l'abbé Pierre, dans la situation de Google en aurait fait de même. Les techniciens, commerciaux, développeurs GG ne se sont pas démener pendant 20 ans pour jeter leur argent par la fenêtre.
    On pense encore de nos jours que le Géant Américains des moteurs de recherches est un Leader né et que c'est acquis, je suis pourtant persuadé que si ils en sont arrivés là et surtout que si ils sont encore là, c'est bien qu'il le mérite et qu'ils continuent à développer leur marché.

    Pour finir je rejoins le sentiment des lecteurs, n'est-il pas dangereux de laisser une société avoir le pouvoir de tout contrôler ?

  29. lereferenceur

    Comme on dit : plus tu as d'argent plus tu en veux.

    Certes les revenus des journaux ont baissé, mais les revenus publicitaires web ont augmenté. Et grâce à qui ? D'un côté ca me ferait bien marré que Google supprime les sites presses des SERP. Ca leur fera les pieds a vouloir taxé tout le monde.

    Ils sont un peu bête la haut. D'ailleurs (je n'y connais rien en économie et ma remarque est HS, mais) j'ai entendu dire qu'ils avaient augmenté les impôts en France. Ca n'est pas sensé faire baisser le pouvoir d'achat et la croissance ? N'aurait-il pas fallu faire l'inverse ? J’espère qu'il sait ce qu'il fait...

  30. Aymeric Jacquet

    Le problème est effectivement très complexe, et je pense que même avec notre connaissance des mécanismes du web, il nous manque beaucoup trop d'éléments importants pour effectuer une analyse de la situation.

    Maintenant, oui il y a un problème de la centralisation de l'information de la part de google mais...

    Rien n’empêche les utilisateurs de voguer vers d'autres cieux, les alternatives sont quand même nombreuses

    Rien n'empêche les "lecteurs" d'utiliser des méthodes alternatives pour se tenir informés en temps réel : le flux rss par exemple n'a jamais réussi à percer au niveau du grand public

    N'est ce pas aux éditeurs de faire l'effort de diversifier leurs sources de trafic ?

    Google profite de la fainéantise du utilisateurs et par effet de bord, les éditeurs de presse en profitent aussi, tout comme nous.

    Je ne me souviens plus de son nom, mais il y a eu un webmarketer très connu qui a prouvé à une époque que l'on pouvait survivre en étant banni de Google, pas simple, mais faisable.

    Oui Google est en situation de position dominante, il est certainement coupable d'en abuser, mais il n'y est pas arrivé tout seul, NOUS avons créé le monstre et nous le nourrissons tous les jours, et en retour il nous nourrit.

    Un écosystème s'est créé, précaire, qui repose bien trop souvent sur la théorie du "client unique" que tout entrepreneur sait qu'il doit absolument éviter.

    Maintenant, concernant les sites de presse, sincèrement, Google est déjà plus que complaisant avec eux, l'exemple du monde est bien connu du petit monde des référenceurs étant donné que si vous vous amusiez à faire la même chose chez vous ou pour un client, je ne donne pas cher de votre peau.

    Autre problème lié aux mécanismes de la presse en ligne, l'usage massif du duplicate content qui , encore une fois suffirait à détruire le moindre de vos sites, mais pas eux, pourquoi, ça seul Google le sait.

    Plus de 60% des publications des sites de presse ne sont que des simples reprises d'infos provenant de dealers d'actualités : l'AFP, SIPA, Reuters.

    Un petit exemple rapide : http://ow.ly/eBi0t ce n'est pas le plus parlant, j'ai déjà observé des résultats retournant plus de 5 Pages de SERPS avec exactement le même contenu.

    En tant qu'éditeur de site d'actualités qui ne produit que du contenu unique (qui vaut ce qu'il vaut étant donné que nous éditons à titre personnel), je peux vous dire que l'hégémonie des sites de presse dans Google Actualités est parfois insupportable.

    Vous avez une actualité que vous voulez traiter, le temps que vous rédigiez votre article, d'effectuer quelques recherches, prépariez votre mise en page, vos visuels, Une dépêche AFP tombe, reprise en automatique ou semi automatique mot pour mot par les principaux organes de presse et voilà votre bel article pris dans le flux de publication et qui, au mieux sera noyé dans l'ensemble sur les pages d'affichage de Google Actus, au mire ne sera même pas indexé car trop d'articles traitant du même sujet ont été publié au même moment.

    La faute à qui ? Google et ses classement algorithmiques ? Les sites de presse qui usent et abusent de leur position dominante et de leur "autorité" ?

    N'espérez pas que votre article ait une deuxième vie dans les SERPS web normal, car voyez vous, d'ici la fin de la journée, si c'est une actu brûlante, d'ici la fin de la journée il y aura eu 10 ou plus autres dépêches AFP sur le sujet, sans compter Reuters et Sipa.

    Sur certains sujets d'actus, j'ai pu observer jusqu'à plus de 30 articles "automatiques" sur une même journée sur chaque site de presse.

    Ajoutez à ça, un ou deux vrais articles "d'analyse" et vous avez la domination qui se met en place.

    Parce que le sites de presse profitent de leur notoriété et gagnent donc à chaque article encore un peu plus de notoriété par la diffusion de liens, le relai et ce, bien souvent sans redistribuer cette notoriété, rare sont les sites de presse à ce jour qui envoient des liens vers l'extérieur.

    On parle de Google, mais il serait intéressant de savoir quel trafic Twitter envoie aux sites de presse.

    Aujourd'hui Google, demain Twitter ? Et quoi ensuite ? Les spécialistes de la curation ? Les "Veilleurs" ?

  31. Sylvain Auteur de l’article

    @ Tristan
    Pour ma part, la réponse à ta dernière question est oui.
    Mais dans le cas de Google, ce sont les utilisateurs qui lui ont donné ce pouvoir, un peu comme nous quand nous sommes allés voter :-)

    @ Aymeric
    Merci d'avoir étayé mon petit article de la sorte.
    Que dire si ce n'est que je connais ta situation et que je regrette de ne pas avoir mis de bouton +1 pour chaque commentaire, j'aurais cliqué pour le tien !

  32. Julien

    Si j’ai bien suivi l’histoire … si ça reste en l’état, la presse est morte ! Si Google désindexe la presse, elle est morte ! Quelles sont les solutions possibles ?

  33. Aymeric Jacquet

    Julien : revoir le modèle économique de la presse en ligne ? C'est un exemple hein. :)

  34. François

    Les monopoles ne sont jamais dominants au point que leurs détenteurs puissent faire n'importe quoi. A vrai dire, si Google ne référençait plus les sociétés de presse pour s'opposer à la taxe, il y perdrait plus qu'il n'y gagnerait en poussant les utilisateurs à se tourner vers d'autres outils que le sien.
    Mon pari est que s'il y a taxe Google paiera.

  35. Sylvain Auteur de l’article

    Petits compléments

    Moi je ne vois pas de pub sur Google actualités. je me demande si ce n'est pas l'un des rares services google ou les résultats naturels (proposés par les sites...) ne sont pas les seuls directement accessibles de suite pour accéder aux sites concernés.

    Et puis lu en commentaire d'un autre article : Si l'accès aux journaux "traditionnels" n'est plus possible par Google actu, c'est la porte ouverte à la vraie visibilité des journaux web alternatifs, bien moins contrôlés par les lobbies et l'état. A méditer...

    Et puis une autre manière de voir les choses plus générale au sujet de la presse en ligne : http://www.rue89.com/2012/10/19/un-manifeste-pour-repenser-le-secteur-de-la-presse-236335

  36. Olivier

    C'est énorme quand même... si un projet de loi a été déposé je pense que Google ne va pas tarder aussi à supprimer les journaux français ! Ca serait dramatique ça... plus d'entreprises en France et maintenant plus de presse en ligne...

    Quant aux nouveaux ministres, on savait déjà que certains d'entre-eux ont été parachutés dans un milieu qu'ils ne connaissaient et ne connaissent pas...

    Merci pour l'info ;-) je l'ai déjà partagé car elle me fait amèrement rigoler.

    PS : Comme beaucoup ici, je suis entrepreneur, je suis fier de payer des impôts en France, pour nos routes, nos écoles et nos hôpitaux... mais pas de me faire matraquer...

  37. koogar

    @Aymeric Jacquet
    Pourquoi dire, je vous cite: "il nous manque beaucoup trop d’éléments importants pour effectuer une analyse de la situation" et ensuite la faire ?

  38. Phil

    Savez quoi ?! Je surfais à l'instant sur le site officiel des "Stones" et OMFG ! Le titre de leur site n'est pas optimisé !!!! LOLOL

    Le "GRRRR" veut-il dire qu'ils ne connaissent pas les guidelines de Google ou qu'ils se les mettent là où je pense?

    Sinon pour revenir à l'article pas sûr que la loi du marché soit toujours supérieure à celle de l'état...

  39. Aurélien

    @Julien : Les grands groupes de presse ne mourront pas si Google les snob. Au pire ils se feront aider par nos élus à coup de subventions... après tout, ce sont souvent eux qui financent leur campagnes. Par contre comme le dit justement Sylvain, c'est la porte ouverte aux médias citoyens et alternatifs, ce qui forcément n'arrange ni les politiques, ni la presse, et dans une autre mesure Google.

    @Aymeric Jacquet : On a longtemps suspecté (à juste titre) Google d'avoir introduit le filtre Panda pour favoriser les grands groupes de presse protégés par de puissant lobbies.

  40. Christophe

    On ne peut tout de même pas reprocher à Google d'avoir bien travaillé et de proposer des réponses aux demandes des internautes. Les favoris, newsletter, flux rss et autres outils de veille d'actu existent et personne n'oblige les internautes français à aller sur Google pour accéder aux sites web qu'ils connaissent déjà.
    Certes, en étant l'outil incontournable pour les français, Google dispose d'un monopole. Mais les alternatives gratuites et de qualité existent telles que Bing, Exalead (j'ai du chercher pour le retrouver celui là) ou les portails classiques Orange, Yahoo et autres.
    L'internaute n'est donc pas dans une situation de contrainte ou sa seule option viable est Google.

  41. Marie

    En vertu de l'intérêt général du référencement je suis assez d'accord pour que Google me rémunère pour chaque clic sur mes résultats présents dans son index :)

    Sérieusement cette histoire est vraiment hallucinante et démontre combien nos dirigeants sont déconnectés de la réalité.

    J'aime beaucoup dans la lettre de Google le passage : "Pourquoi en exclure les portails et blogs, et une telle exclusion ne méconnaît-elle pas le principe d'égalité?"

    Bref j'ai hâte de connaitre la suite :)

  42. Aymeric Jacquet

    Koogar : Nous sommes dans une problématique à multiples niveaux :
    économique
    politique
    sociologique
    historique

    Mon pragmatisme économique me pousserait à dire : si la presse traditionnelle n'est plus rentable, laissons là mourir comme on laisse mourir une entreprise qui n'est pas rentable.

    Mais dans les fait, ce n'est, hélas, pas si simple et à moins d'avoir tous les chiffres en notre possession, de connaître toutes les implications, les réseaux... nous ne pouvons avoir une vue d'ensemble réaliste du problème.

    Qu'essaie de faire la presse Française en ce moment ? Ni plus ni moins que ce que font nos gouvernants depuis bien longtemps, trouver les financements là ou se trouve l'argent, quitte à se tromper de cible.

    Aurélien : et pourtant, les sites de presse devraient être des sites de choix pour panda. :)

  43. Hervé

    Petit rappel à l’attention de cette abrutie de ministre Melle Filippetti :

    Le gouvernement dont elle fait partie n'a pas été élu démocratiquement,.... mais nommé !
    Nommé par un seul mec, qui a lui même été nommé par un seul mec, ayant pour seul légitimité d'avoir été élu par une frange très marginale de la population.

    Sur le fond du dossier:
    ...MDR :)

  44. Papy Spinning

    "Intérêt général" ne signifie pas "nationalisation", "communisme", et autres "insanités" face aux vertus exaltées du capitalisme porteur de la démocratie...huhu
    En droit public "la mission reconnue d'intérêt général" est parfaitement compatible avec les sociétés privées, c'est même ce qui permet de se délester des mission régaliennes aux privés.

    Il n'y a aucun problème à reconnaître qu'une société américaine, privée, exerce aujourd'hui une activité d'intérêt général en France, dès lors que l'activité est devenue un bien de consommation courant et répond à un besoin de masse.

    Je partage l'idée ici défendue que la presse française est perdue et se tourne vers le mauvais cheval. Par contre l'idée que la presse pourrait disparaître par manque de compétitivité est naïve. Derrière il y a l'information: un pilier essentiel de la démocratie. Et c'est autre chose que des blogs insipides (je ne parle pas de celui-là) en train de tapiner les trottoirs 2.0 pour un voyage ou un coffret smartbox.

    Le gouvernement a choisi la voix du burlesque, sur le web on a l'habitude. Ce n'est pas une raison pour oublier que sans les journalistes, l'exercice de la démocratie devient très périlleux.

  45. Cécile

    Bonjour Sylvain

    .... [Certains le font d’ailleurs en ne respectant pas les CGU de Google.../...regardez cette page – Vous ne voyez pas, est-ce plus clair comme ça avec les liens cachés entourés en rouge ?)]

    On se sent bien naïf tout à coup... enfin je parle pour moi qui m'applique à rester dans les clous et galère parfois à suivre les formidables tutos dispensés par nos maîtres SEO :)

  46. rédaction web

    Sans vouloir porter offense, à mon avis, google se sent comme étant le centre du monde dans toute cette histoire!

  47. Eric

    Interessant tout cela
    j'ai beaucoup apprécié les comm d'Aymeric
    tres pertinent
    de toute façon, le fond du problème et le seul, ce sont les sous
    je trouve Google "bien innocent ", ils sont quand même le marteau et l'enclume
    et la presse totalement naîve
    mais le gagant et le seul sera Google

  48. Julia

    Au final je pense que c'est beaucoup de bruit et de gesticulation pour pas grand chose car les deux parties peuvent y perdre beaucoup à se faire la guerre. Donc au final, les groupes de presse diront: "bon, sorry, on est allé un peu loin" et google dira "ok, j'avoue qu'on y est allé fort aussi" et on reviendra au status quo d'avant...jusqu'au prochain clash...

  49. Soul

    Je serais tellement content que lemonde ou je ne sais quoi se tape un petit -80% de trafic pendant un mois, ça leur botterais le cul. C'est quand même une belle bande de con. Fin bon plus ta de ronds plus t'en veux. C'est triste quand même...

  50. Pierre

    Je trouve ça à la fois dingue et stupide. Le gouvernement est à la ramasse en ce qui concerne le web et cela a toujours été le cas.

    L'argumentaire sur la mission de référencement et d'information de Google envers les sites de presse est complètement hallucinante...

    Comme Soul, j'attends avec impatience la petite fessé pour le site du Monde :)

  51. KOogar

    @Aymeric
    Merci pour votre réponse.

    Vous ne devriez pas vous inquiétez, cette histoire (partie d'un email!! ajouter a cela un ministre de la culture!!? Employant de mots que personnes ne comprend, agrégation, indexation...)) n'est qu'un écran de fumée en vu de faire passer la taxe Google pour 2013. Le rapport sur cette taxe arrive début décembre et le gouvernement a besoin de moyens de pression sur ce géant qui ne paye aucune taxe en l'Europe, l'Europe qui est son premier marché économique.

    Comment faire plier un tel géant avec une aussi grande popularité si ce n'est en lui écornant son image de marque. Chaque point en moins coute une fortune à ce géant. A un moment ou le cout par clique baisse (source lemonde.fr), ou il est obligé de doubler ses surfaces d'impressions publicitaires sur ses serps pour combler le manque a gagner, Google n'a certainement pas besoin de perdre des parts de marchés en Europe, et le gouvernement devrait enfin trouver un accord en 2013 avec Google sur les taxes dont il doit s'acquitter. Cela sera une première, et si Google s'acquitte de ces taxes, cela permettra au gouvernement d'aller frapper à d'autres portes.

  52. Authier

    Très bon billet et j'en rajoute:
    Google met un coup de pied dans la fourmilière lors de sa réunion avec Hollande en dénonçant une liberté de la presse déguisée en France.
    Ainsi apprend t'on que les subventions de l'état à la presse se montent à plus d'un milliard d'euros.
    J'ai toujours pensé qu'il fallait avoir une certaine autonomie pour être libre...

  53. Paul

    Il serait tout de même bon de rappeler que derrière tout ça, ce n'est pas que l'édition mais tous les travailleurs de la presse qui sont concernés. Or il est concevable que le travail des journalistes soit rémunéré à sa juste valeur malgré les pressions à la baisse de leurs salaires du fait de la concurrence des nouveaux médias et blogs.
    Si on peut critiquer l'approche du gouvernement pour essayer de soutirer de l'argent à Google, il faut tout de même lancer le débat sur la rémunération des contenus du net et des alternatives à la licence globale, qui pour l'instant ne suffit pas.

  54. Franck

    @Paul: Je plussoie sur la nécessité de trouver des alternatives viables à la licence globale.
    La démarche des maisons d'édition paraît en effet bien curieuse et peut certainement prêter à sourire. Mais le Web reste une invention récente, un espace non réglementé et si l'on souhaite que cela ne devienne pas une véritable foire d'empoigne (les plus cyniques me diront que c'est déjà le cas) il faudra bien que les états y mettent leur nez à un moment ou à un autre. La bonne "économie" du système l'exige.

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