Patenteux, gosseux ou référenceux ?

Aujourd'hui, nous recevons  un de nos collègues qui doit crouler sous des mètres de neige.
Louis est consultant SEO à Montréal.

Il se joint à nous pour égayer votre début d'année 2011.

Je suis toujours stupéfait de voir l'incompréhension des gens envers le référencement et le positionnement dans les moteurs de recherches. Je ne parle pas ici uniquement des clients, mais également des acteurs du web : concepteurs web, programmeurs, chargés de projets, etc.

Et malheureusement, cette incompréhension s'étend aussi aux compagnies et agences de référencement. J'ai déjà écrit plusieurs articles là-dessus sur mon blogue, aux titres plus évocateurs les uns que les autres :  Les clowns du référencement, les 10 meilleurs gags ,  11 signes infaillibles que votre agence de publicité n'y connaît rien en référencement de sites web,  Balise META keywords et référencement. Mythe, réalité et huile de serpent.

Je ne comprends pas ce que tu fais de toute façon

L’incompréhension du public découle en grande partie de la méconnaissance du fonctionnement des moteurs de recherche en général et de la façon dont fonctionnent les algorithmes qui effectuent le classement des moteurs de recherches.

Un de mes clients, propriétaire d’une agence de communication qui fait des sites web pour ses clients, m’a déjà dit :  "Je ne comprends pas ce que tu fais de toute façon".  Paroles qui se sont vérifiées lorsqu’après la refonte de leur site web corporatif, leur trafic a fondu de moitié par leur ignorance des principes de base de l’optimisation de site web.

Aimez-vous mieux chercher des clients ou vous assurer qu’ils vous trouvent ?

Parce que clients et acteurs de la conception web ne comprennent pas grand-chose au référencement et à l’optimisation de site, ceux-ci sont difficiles à vendre. Pourtant ne vaut-il pas la peine de s’assurer que les clients potentiels qui recherchent vos produits et services trouvent votre site plutôt que celui de votre concurrent ?

Un autre de mes clients me demandait récemment ce que je pensais de la proposition des pages jaunes qui lui demandait plus de 100 000,00 $ (vous avez bien lu : cent mille dollars) pour afficher dans quelques annuaires en ligne, et être dans les 3 premiers résultats dans quelques catégories. L’argument massue des pages jaunes : vos concurrents sont là, il faut que vous y soyez. Je veux bien, mais à quel prix.

On considère sans sourciller de payer une fortune pour s’inscrire dans des annuaires en ligne alors que ce type de publicité est de plus en plus obsolète et on hésite encore à payer le dixième de cette somme pour un travail de référencement.

Inutile de  "référencer" un site invisible

Où : comment travailler un an sur le référencement d’un site en n’obtenant aucun résultat. À voir les résultats obtenus par certaines agences de référencement, on se demande des fois ce qu’elles font. De beaux rapports, des remarques et des conseils insipides, et c’est tout ?

L’année dernière, nous avons récupéré un client qui était fort mécontent du travail de son agence de référencement. En un an de boulot, cette agence n'a même pas été foutue, excusez l’expression, de découvrir que quelques 30 000 pages du site Internet étaient invisibles aux moteurs, car non-indexées et cachées derrière des liens de type JavaScript. Pas fort du chapeau. Après avoir réglé le problème et soumis une sitemap.xml à Google le résultat ne s’est pas fait attendre : une augmentation de 1150 % de trafic sur une période de 30 jours et de 1300 % de la valeur du commerce électronique généré par le trafic naturel en provenance de Google.

Incroyable de penser que pendant un an cette firme s’est gargarisée avec des expressions telles que " D’une manière générale, le référencement de votre site a constamment évolué depuis le début du mandat. Au total, nous vous avons inscrit sur plus de 45 outils de recherche ",  "Outre la forte concurrence et la présence d’acteurs majeurs, il existe sans doute d’autres facteurs expliquant le caractère délicat de votre positionnement ", " Malgré la persistance de quelques lacunes sporadiques, le positionnement de votre site se porte bien, sa visibilité en croissance".

Beau parleur, petit faiseur

Heureusement, tout le monde n’est pas comme ça. Malheureusement, il n’est pas facile de différencier les clowns des consultants sérieux. Et si même les compagnies et consultants en référencement se gargarisent et répètent comme j’ai entendu une agence de référencement le répéter à une cliente : " On gosse avec Google pour améliorer votre référencement " on est pas sortis du bois.

* Pour les cousins français, le verbe gosser, qui vient sans-doute du vieux français, signifie "tailler un bout de bois avec un couteau dans le but de passer le temps" et par extension et au figuré : tripoter, manipuler avec plus ou moins de difficulté, parfois dans un but plus ou moins défini et avec des résultats plus ou moins probants.

Pour les clients, il est donc difficile de séparer le bon grain de l’ivraie, le spécialiste du gosseux, l'expert d'un incompétent qui vous dit n’importe quoi.

Et de me demander si je suis un patenteux*, un gosseux ou un vrai référenceux.

* Pour les cousins de nouveau : un patenteux est un peu comme un gosseux, mais en plus ingénieux et normalement il obtient des résultats, ce que j’espère également du référenceux.

L’auteur : Louis Durocher est consultant pour Orénoque interactif, une agence de référencement à Montréal. Lisez-le sur le blogue d’Orénoque.

Ce billet fait partie d'une série sur lesquels nous ouvrons nos portes à nos collègues et amis.

Retrouvez dès demain de nouvelles anecdotes d'agence web.

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21 réflexions au sujet de « Patenteux, gosseux ou référenceux ? »

  1. Matthieu

    Ouah, une agence qui ne vérifie même pas si les pages d'un site sont indexées, c'est fort quand même. C'est quand même la base quoi !!!
    Sinon, je n'avais rien compris au titre (ce qui bizarrement donne encore plus envie de lire l'article!), heureusement que les traductions de gosseux et patenteux sont données 😉

  2. Sam

    Je me suis bien gaussé de manière goguenarde en apprenant le mot gosser, merci ami québecquois !

  3. Dan

    Finalement on se demande si le bouche à oreille n'est pas la meilleure solution pour choisir un bon prestataire pour le référencement de son site...

  4. Sebastien

    Merci pour les traductions sans lesquels j'aurais été perdu. ^^
    Toutes ses histoires sur les agences, ça me désespère plus que ça ne m'amuse, malheureusement. Et mon père qui ne veut pas m'écouter quand je lui dis que le site web de sa boite est mal fait et que je peux lui envoyer les adresses d'agences sérieuses...

  5. Daniel Roch

    Très forte cette agence effectivement.

    Après, pour avoir bossé dans une (toute petite) agence Angevine, il y a également des problématiques qui peuvent expliquer ces déboires :

    - aucune formation ne nous était donné, car mon responsable jugeait cela inutile et chronophage. C'était également valable pour la veille...
    - pas plus de 4 heures de boulot par client (pour les petits budget). Si on compte une heure pour faire un joli rapport en fin de mois, et une heure au téléphone avec le client, il reste pas grand chose pour réellement travailler.
    - mon responsable a désigné un référenceur qui était en réalité un développeur (après mon départ)

    Donc ton retour d'expérience ne m'étonne même pas...

  6. Nicolas

    Sont fou ses Québecois 😉

    En tout cas, bel exemple encore une fois de supercherie dû en partie à une trop forte masse de travail pour un nombre insignifiant d’exécutant fans certaines agence de ref.

  7. David

    Si ce sujet est souvent couvert par toi, et autres Boureilly & Co, il est une fois de plus urgent de redorer le blason des hommes qui travaillent dans l'ombre!

    A quand un label de qualité pour les agences et professionnels du SEO? Et pourquoi pas un comparateur d'agence SEO on l'on pourrait y noter les prestations des "clowns" et "des vrais pros"?

  8. mikiweb

    Un peu fort oui mais tellement vrai et malheureusement souvent récurent.
    En tout cas de nombreuses agences sont prêtes à payer des soit-disant pro du SEO pour rajouter une prestation de plus à leur service et gonfler leur devis.
    Très bonne idée en soit, mais souvent mal géré, les soit disant pro étant de jeune étudiant à peine sorti de formation ou formé en autodidacte sur le net donc sans réel expérience.
    Et c'est là où il y a un problème, un référenceur sans expérience du terrain et avec juste la théorie, n'est pas un référenceur accompli : et je pense que tout le monde ici pensera la même chose.
    Alors vous me direz il faut bien commencer à un moment : ok mais il faut être encadré et pas se lancé dans la jungle du SEO comme ça, sans filet en prenant le risque de faire d'énorme erreur parfois difficilement récupérable ou sur le très long terme => perte de temps et d'argent pour le client et mauvaise réputation pour l'agence (enfin certaine sans foute complétement 😉 )

  9. Grym

    Le coup des pages jaunes... Quel bel exemple.
    Combien de clients annoncent dans la presse locale au prix de 1500 € l'encart pour une seule diffusion voir pour un montant équivalent pour 100 000 impressions de bannières sur les sites de la PQR et pour quel retour ?
    Ce sont ces mêmes clients qui vont s'étonner lorsque votre devis dépasse cette somme pour du référencement.
    Ils ont souvent une très grande méconnaissance du métier, de ses aspects et du coût lié à un positionnement sur un domaine concurrentiel.

  10. John

    100 000 dollars pour les pages jaunes... et bien...
    Le référencement est vraiment trop peu compris par les clients, c'est vraiment dommage pour eux... Entre ceux qui mettent l'intégralité de leur budget dans l'aspect visuel de leur site, et zappe le travail sur leur référencement... En pensant qu'acheter un encart publicitaire dans un magasine ou le journal du coin sera efficace...

  11. wilfried

    Ah orenoque...
    J'aime bien leur verbe et leur franc parler.
    Pour ce qui est du referenceux, il est toujours plus facile d'arriver en terre conquise: je suis donc un fervent partisan du bouche à oreilles.

  12. Philippe

    Il y a un mot encore d'actualité que nous pouvons employer au regard de ce que savent nos clients, partenaires, collaborateurs et autres protagonistes de l'internet sur le référencement. C'est le mot : "évangéliser". Il s'agit d'enseigner à notre entourage professionnel les rudiments du référencement, faire preuve de pédagogie, expliquer, parler, montrer ...bref employer tous les moyens pour pallier la méconnaissance de notre métier. Je pense qu'en 2011, c'est encore un passage obligé et que nous n'avons pas vraiment le choix.

  13. referencement web montreal

    Ce que décrit Louis est juste. La résistance des professionnel(le)s de la conception et du design de sites Internet est, en effet, constante et parfois fort surprenante. En grosse partie, il y a une question d'égo : « Comment peux-tu en connaître plus que moi qui conçoit et construit des sites web? » m'a-t-on déjà dit.

    Plusieurs des pros du Web n'aiment pas qu'on leur dise quoi faire; ils ou elles n'aiment surtout pas le découvrir après que leur site a été mis en ligne, preuve de leur faillibilité et de leurs limites. Et le plus déconcertant, c'est qu'ils mettent fréquemment la responsabilité de la situation sur le dos de la clientèle qui « n'aurait pas demandé de référencer leur site » (bis).

    Toutefois, cette absence de compréhension du référencement joue en faveur des agences actuelles. D'un côté, plusieurs des premiers confient leurs mandats aux seconds, faute de payer un conseiller à plein temps (je les en remercie de tout coeur). De l'autre, comme il y a moins d'intervenant(e)s sur le marché du référencement; nous sommes moins nombreux à partager le gâteau. Mais cela ne durera pas longtemps!

    En effet, je crois que la notion de référencement est de mieux en mieux comprise. Presque tout le monde a au moins tapé une fois une demande sur Google ou autre moteurs de recherche et en a consulté les résultats. L'explication et la visualisation du processus sont quand même assez simples. Par contre, de réaliser quels les avantages promotionnels et commerciaux découlent de ce processus, multipliés par des milliers et des milliers d'internautes intéressés avec des demandes ciblées, alors là, Louis a triplement raison : pas évident même pour les gourous du design web. Mais encore une fois : pas pour longtemps!

    Notre étude de positionnement des agences de référencement québécoises comptabilise aujourd'hui plus de 30 agences pures ou presque. Si on ajoute les agences de conception web qui offrent une prestation de référencement, de la petite à la complète, on dépasse le plancher des 200.

    Les résultats de notre enquête montrent qu'un nombre substantiel d'agences Web s'ouvre à la notion du référencement et à ses avantages pour préserver leur marché, sinon l'augmenter. On assiste d'ailleurs à une augmentation du nombre d'agences de conception de sites web qui se métamorphosent en agence de marketing Internet «clés en main». Parallèlement,il y a des agences de référencement les imitent en fournissant elles aussi des services de design et de conception web. C'est la convergence des spécialités au détriment de la spécialisation des services; phénomène universel qui touche plusieurs secteurs de l'activité humaine et commerciale.

    Ceci, sans compter les services d'hébergement style IWEB, WordPress et cie qui proposent non seulement des sites Web faciles à construire pour monsieur et madame « tout le monde » avec des modules SEO intégrés, mais également avec des modules SEO et de soumission de billets aux sites agrégateurs, etc.

    Pour ma part, je crois que nous sommes entrés dans une ère de banalisation du concept du référencement. Ceci grâce notamment à la pénétration d'Internet comme médium d'information et de promotion ainsi qu'aux besoins de clics et de clients des entreprises. Autre facteur déterminant : le nombre élevé d'expert(e)s qui bloguent. Ce blogue, celui de Louis, le mien et les quelque 100 autres de la blogosphère francophone sont autant de professeurs en web marketing et en référencement sur le Web disponibles... gratuitement. Personnellement, j'ai été formé à ces écoles virtuelles dans les années 2004-2005 et je suis toujours leur élève assidu et reconnaissant.

    Fort heureusement, le fait d'avoir des WordPress et des IWEB n'a jamais empêché l'industrie de la création de sites Internet de poursuivre sa croissance. De même que le fait d'avoir une URL qui reprend le libellé d'un titre automatiquement n'assure pas l'optimisation efficace et stratégique d'une page Web. Même s'il y a 60 millions de joueurs de golf, seul un petit nombre peut être considéré comme des professionnels. Et sur le podium d'honneur de chaque requête, il n'y a que trois places.

    Ma prédiction pour 2011 : plusieurs autres agences de conception web vont passer du stade amateur à celui de pro en référencement (autonome ou en partenariat). Il y aura beaucoup plus de prestataires qui vont offrir leurs services; on va jouer du coude. On ne pourra, je ne pourrai plus plus dire aussi souvent qu'auparavant que les agences de conception Web ne l'ont pas l'affaire. Pour ma part, je suis prêt pour le grand match!

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    À Louis : excellent billet.

    À Sylvain : pour la neige, on repassera dans quelques jours. La dernière fin de semaine a été plutôt humide et pluvieuse. Heureusement, vendredi matin, la neige et le temps étaient superbes au mont St-Sauveur dans les Laurentides et j'ai quitté le travail pour le ski.

    Lien : Étude de positionnement des agences de référencement québécoises

  14. abercrombie jeans

    Finalement on se demande si le bouche à oreille n’est pas la meilleure solution pour choisir un bon prestataire pour le référencement de son site…

  15. Morgan

    C'est une agence française celle qui oublie les 30K pages? J'ai eu une affaire similaire avec des "grands pontes" du seo européens, on vous a inscris dans tous plein de moteurs, regardez vous apparaissez, mais au niveau trafic, ou conversion... nada...
    Mieux vaut un freelance appliqué qu'une grosse agence qui traite à la va vite.

  16. Maximilien

    Excellent billet ! Je suis bien d'accord avec toi sur de nombreux points, d'abord je ne comprends pas comment certains clients sont prêt à investir près de 100.000$ pour être inscrit à quelques annuaires alors que l'on peut obtenir des résultats largement meilleurs et conséquents auprès d'un vrai référenceur pour facilement moins de 10.000$.

    D'autre part, je ne comprends pas comment certains clients peuvent se faire embobiner par certaines agences qui se prétendent de "référencement", mais qui sont vraiment des incapables et c'est le cas de le dire... "inscrit sur plus de 45 outils de recherche" en un an... moi je dis bravo !

  17. Amirti

    C’est une agence française celle qui oublie les 30K pages? J’ai eu une affaire similaire avec des « grands pontes » du seo européens, on vous a inscris dans tous plein de moteurs, regardez vous apparaissez, mais au niveau trafic, ou conversion… nada…

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