Référencement, vieux pots et carottes nouvelles

J'ai commencé à patouiller dans le SEO en 1998, et je n'étais pas le seul. A cette époque, expliquer cette pratique relevait de la gageure. Ce n'est que 10 ans plus tard que naissait ce blog.

J'ai vu passer des centaines de pratiques et de techniques, chacune ayant leur avènement, du scrapping au spinning, des réseaux de sites au spamco à outrance, de la construction d'arborescence au cordeau à un intérêt croissant pour la conversion.

Et puis le gendarme est arrivé...

L'époque du SEO hardcore

Je me souviens d'échanges ou de réflexions quelques années en arrière. Je passais pour un ahuri quand je disais ne pas utiliser scrapebox pour spammer, Olivier Duffez se faisait lyncher en ne voulant pas autoriser les discussions black hat sur son forum, Olivier Andrieu passait déjà ses commentaires en nofollow.

Mais pourtant, même Laurent Bourrelly, Paul Sanchez, Mathieu Gheerbrant ou Kevin Richard (aujourd'hui vieille garde du SEO français) disaient déjà : "Donnez de l'amour à votre site, ne négligez pas les fondamentaux."

Pourtant, nous constations tous que Google se faisait rouler dans la farine à coup de spam de commentaires, de textes spinnés alimentant des réseaux de sites, de linkwheels de malade ou de publications sur les sites de « communiqués » de presse.

Est-ce parce qu'ils mesuraient déjà les soubresauts de Google que ces « vieux SEO » donnaient déjà l'alerte ? Ou tout simplement parce qu'eux avaient aussi appris à faire autrement... avant.

L'arrivée du gendarme

C'est le 24 avril 2012 que la fin de la récréation fut sonnée avec l'arrivée du filtre Pingouin. Mais l'alerte avait été donnée en août 2011 avec Panda.

C'est surtout Pingouin et ses itérations ultérieures qui firent le plus mal.
La raison étant que de nombreux référenceurs n'avaient appris qu'une partie du métier. Pour eux, le SEO consistait à faire des liens, encore des liens, toujours plus de liens. D'ailleurs, il naissait quasiment 2 sites de CP par semaine pour satisfaire leur appétit.

J'explique souvent à mes clients les risques du linking exagéré en le comparant à l'apparition des radars dans les années 70. Les règles n'ont pas changé, mais en 70, il y avait un radar tous les 500 km, alors rouler à 180 n'était pas très risqué. De nos jours la fête est finie, les règles sont les mêmes (maxi 130) mais les petites boîtes ont fleuri partout sur le bord des routes.

L'énorme différence avec le gendarme Google, c'est que ses radars sont rétro actifs.  Un lien posé en 2008 peut aujourd'hui participer à faire plonger un site. Le gendarme Google sait remonter le temps.

Alors que faire quand on n'a rien appris d'autre qu'à faire du lien ?

Retour aux sources

Mathieu Gheerbrant

Mathieu Gheerbrant - toujours beau gosse.

Je me souviens d'une présentation de Mathieu Gheerbrant (pourtant étiqueté blackhat) lors d'une formation « SEO high level » en 2012.

Déjà, son discours reposait essentiellement sur le travail à fournir dans la conception de l'arborescence d'un site, sur les effets positifs du siloing.

Je me disais "mais il m'explique ce que je faisais il y a 10 ans ! " et que je laissais parfois de côté pour aller vers la facilité.

Mathieu, tes conseils valent de l'or ! Et sont bien loin de l'image BH qui te colle parfois à la peau.

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Laurent Bourrelly

Laurent Bourrelly - Rockstar du cocon.

Lorsque je lis certains récents articles de Laurent Bourrelly, j'ai pour partie l'impression de replonger dans mon passé.

Sa logique de cocon sémantique, il ne l'a pas inventé l'année dernière, il l'a tiré d'une expérience et d'un passé bien plus lointain, quand nous codions encore avec Frontpage, Dreamviewer ou le bloc-notes pour les plus intrépides.

Quand les CMS ne nous avaient pas envahis et que nous faisions nos menus « à la main ».

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Sebastien Billard

Sébastien Billard - Hipster du SEO ?

Quand je replonge dans les vieilles publications de Sébastien Billard (son vieux blog sur free.fr), je  trouve dès 2005 des articles sur l'accessibilité et son impact auprès des moteurs.

Depuis toujours il s'intéresse au fait que les sites soit parfaitement crawlable.

Visiteur ou moteurs, ces deux publics ont tellement d'attentes en commun que Sébastien n'a jamais négligé ni l'un ni l'autre.

 

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Sylvain Richard

Sylvain Richard - AxeNet inside.

J'en vois certains redécouvrir sur le site de l'agence le concept de recueil d'expression-clé pour construire un texte dont le sens et la thématique seront compréhensibles par Google. Dans la pratique, je n'ai fait qu'expliquer plus en détail un de mes articles de 2008.

Bien sur, les choses ont évoluées, mais les racines de Google se sont ancrées profondément il y a longtemps. Les bonnes vieilles pratiques ne sont pas à jeter.

 

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Sylvain Peyronnet

Sylvain Peyronnet - je ne sais pas ce qu'est cet objet derrière lui.

Quand je lis de vieux articles de Sylvain Peyronnet  (sur son vieux blog spoonylife) de 2008. J'y vois déjà les prémices de la vengeance de Google envers les spammeurs.

On devinait bien déjà que l'animal avait de la ressource ( je parle de Google) et que si ses finances le permettaient, il lancerait un jour les chiens.

Ces chiens sont plutôt des Pandas ou des Pingouins, mais ils sont là aujourd'hui.

Alors que faire pour aborder le SEO en 2015 ?

Revenir vers le futur !

Je ne dis pas que Google ne peut plus se faire berner, le filoutage existera toujours, il faut simplement être plus discret que par le passé.

En revanche, à tous ceux qui ont commencé à s’intéresser au référencement depuis 4 ans environ, je vous conseille d'aller à la pêche aux vieux articles sur les vieux blogs ou forums SEO.

Vous y trouverez sans doute ce qui sera pour vous des pépites, car il fut une époque ou le socle du référencement, c'était bien l'arborescence et le contenu d'un site. On parle maintenant de siloing et de sémantique, mais simplement parce qu'une couche de marketing est passée par là.

Pour le linking, nous faisions des échanges, pas forcément réciproques, et ça marchait, ça marche toujours d'ailleurs... Nous recherchions des liens que les internautes allaient cliquer, dingue non ? Mais on ne linkait pas des sites pourris, on avait travaillé les pages avant...

Et puis l'utilisateur, nous étions obligés de nous en préoccuper car il y en avait bien moins qu'aujourd'hui, alors on essayait de le bichonner (pour qu'il clique sur les pubs de nos MFA).

Pour conclure

Vous trouverez de la bonne soupe dans les vieux pots des « anciens » SEO.
La-dessus, faut que je retrouve mon déambulateur (bicylindre quand même) et je vous laisse.

Et pour aller plus loin, l'article d'un revenant qui n'avait pas touché au SEO depuis 2 ans.

Référencement, vieux pots et carottes nouvelles
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14 réflexions au sujet de « Référencement, vieux pots et carottes nouvelles »

  1. sylvainp

    Vieux dossiers et vieilles photos, c'est un peu comme arsenic et vieilles dentelles 😉 En tout cas, on est en phase, les fondamentaux sont toujours présents, et la facilité d'une certaine époque avait provoqué une amnésie collective, qui est maintenant finie.

    Sinon, for the record comme on dit, on peut voir derrière moi un superbe téléphone sans fil ergonomique, mais je suis sur que les plus motivés lui trouveront sans doute d'autres utilisations 😉

  2. Atuana

    Merci pour ce rappel Sylvain mais aussi tous les articles que je lis depuis 2ans. C'est vrai le référencement est un casse tête, mais perso j'ai beaucoup appris à travers des conseils sur ce blog. Je suis peu bavarde mais bonne élève :), contenu, linking etc, je commence à y voir clair... enfin presque. Mais j'avoue que ces deux bébêtes pingouin et panda, dont on parle tant, me font un peu peur malgré ma conviction de vouloir faire un bon référencement dans les règles de l'art.

  3. Hervé

    Un article avec lequel je suis (bien entendu) parfaitement en accord.
    "Donnez de l'amour à votre site ( il vous le rendra 😉 et bichonnez vos utilisateurs...."

    @Sylvain-AxeNet:
    Tu sais ce qu'il te dit le revenant ?!... Un gros merci !
    Surtout que par le biais de cet article, tu viens de me faire découvrir S. Billard, que je ne connaissais même pas (mea culpa), mais qui a assurément l'air d'être quelqu'un à suivre.

    @Sylvain-Peyronnet:
    Le tien est quand même beaucoup moins classe que celui de Liliane B. 😀

    @Atuana:
    Inutile de trop se tracasser avec l'animalerie Google, mieux vaut se concentrer sur son site.

  4. Sylvain Auteur de l’article

    @Sylvain Peyronnet
    Tu décris cela exactement comme je le pense.
    Pour l'objet, je suis un peu déçu, mais j'ai sans doute des lecteurs et lectrices qui auront de l'imagination.

    @ Atuana
    Si tu commence à voir clair dans le linking et le contenu, tu n'as pas trop de crainte à avoir des animaux Google, le dernier point à vérifier sera juste la duplication interne qui peut faire mal avec Panda.

    @ Hervé
    Sébastien fait partie des dinosaures du SEO. Il se fait plus discret maintenant, mais il déniche toujours des trucs sympa et surtout les partage.

  5. Boris

    C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs confitures ! ! ! (non ne supprimez pas ce post)
    Pardon pour cette expression inadéquate mais cet article m'y a fait pensé ^^
    Ma ptite vision de jeune seo arrive dans quelques semaines (l'article est écrit depuis 1 mois mais va falloir attendre pour le publier).
    Je pensais faire qqchose d'originale en faisant un ptit historique du référencement mais tout le monde à l'air de s'y mettre. Apparemment on voit tous des nouveautés intéressantes à raconter (référencement local, tendance 2015, référencement négative, histoire du ref, microdata) et on s'y met tous à peu près au meme moment à les rédiger.

    Merci pour l'article j’espère un jour savoir quel est l"objet derrière Sylvain Peyronnet :p

    [edit] j'avais pas vu le commentaire de sylvain ... un téléphone

  6. Maurice

    Au risque de faire hurler, le content scraping et les réseaux de sites ont de beaux jours devant eux. Google est encore très mauvais pour détecter la source originale d'un contenu. On ne compte plus le nombre de sites automatisés qui pompent les articles dans les flux RSS et grâce à un maillage de sites arrivent à outrepasser la source... C'est illégal, vieux comme le SEO mais ça marche toujours. Si vous voulez des exemples, j'en ai à la pelle...

  7. Reseau 43

    Bonjour,
    Un article intéressant ! n'étant pas un vieux de la vieille dans le domaine, j'apprends des trucs...
    Si il n'y avait pas eu tous ces abus, il n'y aurait peut etre pas toutes ces régles (sûrement pas d'ailleurs)... Je suis malgré tout assez vieux pour me rappeler de certains sites des années 2000 qui tiraient bien sur la corde...
    Tiens, ça me fait penser qu'il va bientot falloir que je m'achète aussi un déambulateur bicylindre... 😉
    @+

  8. Mitsu

    Je n'ai peut être pas la bonne clé de lecture et je te fais cette remarque comme j'aurai pu la faire sur d'autres articles d'autres blog...

    J'ai l'impression qu'on a tendance à tort opposer ceux qui font de l'optimisation onSite qui bichonnent bien leurs petits sites aux méchants Black Hat obsédés du lien.

    Je pense que les deux sujets sont différents, et si il faut faire attention à la manière de faire son netlinking, il ne faut pas aller croire que l'onSite et un chemin paralèlle à l'optimisation offSite.

    D'ailleurs en ce qui me concerne je vulgarise de cette manière.
    Contenu : je donne à google les mots clés ou je participe.
    Netlinking : Je me positionne sur ces mots clés.
    Bon le maillage interne étant un truc un peu batard entre les deux quoi.

    Dans la construction de ton article ce que je vois c'est : Avant c'était open bar, on faisait du lien n'importe comment, maintenant qu'il y a des radar on fait du onSite, ça ne me semble pas si logique que ça à moi.

  9. Sylvain Auteur de l’article

    @ Boris
    Même si tout le monde s'y met, ce n'est pas grave, écrit ton article, c'est ta vision des choses qui fera la différence.

    @ Maurice
    On est d'accord, c'est ce que je dis en fin d'article, on peut encore entourlouper Google.
    Je mettrais le scrapping et les réseaux dans deux paniers différents.
    Google est nul pour reconnaître la source originale d'un contenu, c'est clair. Mauvais à ce point c'est même aberrant.
    Par contre, pour les réseaux de sites, mieux vaut y aller mollo. Non seulement Google aime faire des exemples, mais surtout il devient bon pour détecter le spam fait de cette manière. Sur ce coup, je te renverrai vers les multiples publications des frères Peyronnet et surtout vers leur formation http://blog.axe-net.fr/masterclass-seo-et-moteurs-mon-avis/

    @ Reseau 43
    L'humain étant ce qu'il est, ce sont toujours les "abus" qui amènent aux règles, même sans parler de SEO.

    @ Mitsu
    J'ai plein de copains étiquetés black hat, et ils ne sont pas méchants, bien au contraire 🙂 Mais j'avoue que GG n'a pas la même perception que moi, car ils ne lui payent pas de bières.

    Et d'ailleurs, je dis clairement que ces personnes étiquetées black hat ont plein de bons conseils white hat sur leurs blogs. D'ailleurs, je ne connais aucun d'entre eux qui fera du lien pourri vers un money site.

    En fait, j'aborde le linking en fin d'article (pas assez sans doute). Si je développe je dirais que vers un money site on ne fait que du bon lien. Je dis d'ailleurs qu'avant on allait chercher des liens de même thématique, car c'est le visiteur qui nous préoccupait. Obtenir un lien d'une maison de retraite vers un site de jeux en ligne ne nous intéressait pas, car ça ne convertissait pas.

    En fait, avant, on faisait gaffe au linking.
    Puis il y a eu l'open bar comme tu dis avec le spamco, les CP, etc.
    Et on revient au lien qualitatif.

    Jamais je n'ai dit qu'il fallait arrêter le linking, c'est encore (et pour un moment malgré les effets d'annonce) un levier majeur du référencement. Sauf qu'aujourd'hui c'est devenu un peu chaud, alors on le linke plus à la mitrailleuse pas chère, mais au scalpel bien affuté.

    Et regarde ce que font les BH, les liens vers leurs money site sont souvent des perles, ce sont de bonnes sources d'inspiration 🙂

  10. Patrice

    En effet retour vers le futur, c'est bien pour cela que je revient moi aussi aux fondamentaux ( ce que je sait faire ), donc du développement d'application ( desktop ou mobile peu importe ), je viens de sortir la 1ere version de mon soft de maillage interne, et compte tenu des premiers retours et de l'engouement généré ça me motive vraiment de travailler dans cette voie, cela fait longtemps que je n'avais plus été grisé de la sorte par un projet, donc autant joindre l'utile à l'agréable, au seo !

  11. Laurent Bourrelly

    Merci pour la citation. 🙂

    Pour moi, ce n'est pas exactement un back to basics et Panda ou Penguin n'ont pas impacté ma méthodo perso.
    Il s'agit de construire ses fondations de manière solides. Pour ça, c'est clair que la stratégie est éternelle.
    Ensuite, on peut tout à fait continuer à faire du référencement ultra agressif, mais on doit avoir une vision limpide d'une stratégie bilatérale (d'un côté money site clean et de l'autre sites jetables gorets).
    Plus encore, on peut continuer de mettre en oeuvre des petits trucs et astuces, mais toujours par dessus ces fameuses fondations solides.

    Pour résumer le fond de ma pensée, ce n'est pas back to basics, mais faut arrêter de faire n'importe quoi.

  12. Mathieu

    J'avais déjà lu l'article, sans rien avoir d'intéressant à dire, mais il n'y avait pas encore les commentaires... Sur lesquels je n'aurait pas grand chose à rajouter, sauf un truc (pas forcément intéressant d'ailleurs) mais qui me chiffonne:
    @ Maurice: A part quand on crée des spots en piratant des sites, tout le reste est légal, même le pire webspam.

  13. Sylvain Auteur de l’article

    @ Laurent
    Nous sommes d'accord.
    Et combien de gens se sont improvisés SEO en jouant uniquement les "push button" pendant des années ? Les fondations solides, certains n'en connaissent pas les rudiments (ou du moins la mise en pratique). Voila pourquoi je mettais l'accent vers le discours des dinosaures (dont tu fais partie 🙂 )

    @ Mathieu
    Je ne veux pas répondre à sa place mais je pense que lorsque Maurice parle de contenus copiés et réutilisés sans autorisation de l'auteur, il a raison c'est illégal. Seule la courte citation est autorisée sans accord.

  14. Maurice

    @Mathieu : le contenu est protégé par le droit d'auteur qui est implicite en France. Si j'écris un article sur mon site, tu n'as pas le droit d'en reprendre des parties et des images sans mon accord. Le fait d'ajouter un lien en bas de la reprise de contenu ne confère absolument aucun droit...

    Si c'était légal, je me demande bien comment j'aurais pu faire fermer 5 sites ces deux derniers mois qui reprenaient pourtant uniquement des extraits de mes articles. Et pour info, je m'assois à chaque fois sur le DMCA, process bidon qui ne protège pas le caractère confidentiel des données privées... Avec un bon coup de pression basé sur la loi française et un compte Twitter bien boosté pour ruiner leur eréputation, aucun hébergeur US n'a résisté, même un très gros... Ils ont tous fermés les sites comme des bons petits toutous en quelques jours, et ce sans DMCA...

    De toutes façons, maintenant, dès que je vois quelques qui reprend mon RSS, j'envoie un mail. Si le truc a pas disparu dans les 24h, je contacte le domain registrar et je lui enjoins de passer le domaine en registrar hold afin que le site soit down et que le gars ne puisse pas le transférer où que ce soit. Ensuite, on commence à discuter 🙂

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